dimanche

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La simplicité du coeur

J’ai revu un homme et une femme que je n’avais pas vus depuis près de 30 ans. J’étais une gamine alors, eux avaient mon âge aujourd’hui. Sur la route qui me menait vers eux ce matin, il y avait du soleil, des nuages aussi, un temps incertain, orageux, porteur de possibles.

Je suis arrivée, il m’attendait à l’entrée du chemin. J’ai arrêté la voiture devant la mare, au pied du grand saule pleureur. Je suis descendue, laissant les clefs sur le contact, le sac sur le siège, les roses et les chocolats Belges à la place du passager. Je ne voulais rien prendre, pas encore. Je voulais le revoir – les revoir – les mains vides. Je voulais avancer vers eux sans faux-semblants, vraie, naturelle.

Nos yeux se sont reconnus avant que les mots ne viennent déposer leur musique. Et des larmes ont perlé. Nous étions les mêmes. Elle est sortie de la cuisine, de la douceur plein le visage, du rose aux joues malgré ses 80 ans passés. Je les ai trouvé beaux tous les deux. Je l’ai dit.

De la même manière que je m’étais avancée vers eux les bras vides et ouverts, ils m’ont ouvert leur maison, m’ont tout montré : les aménagements dans la chambre, la nouvelle salle de bain, la fenêtre à l’Est par laquelle le soleil vient les réveiller l’été, les photos sur les murs et dans les albums, leur vie ces trente dernières années. J’ai revu la cheminée où adolescente je m’étais réchauffée de feu et d’amour.

La maison, le jardin, la serre. Leur paradis.

En partant, il m’a glissé « Sois heureuse… sois heureuse… »

Je l’étais.

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Etranges Bretons

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Le long du canal Nantes Brest

Un bateau m’accoste Tekitouah?

Et tandis que je marche sur le quai

« Pied à terre ».

Les Bretons volent-ils

pour avoir besoin de tels panneaux

et passer sous le ponts

sans se blesser le front…

Passer le temps à la passoire

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A Lizio, en Bretagne, un poète passe le temps. Il s’occupe la tête, le coeur et les mains. Il fabrique des machines qui ne servent à rien, si ce n’est à attraper les rêves et à toucher le coeur de ceux qui continuent, eux aussi, de chercher.

Sans prétention, avec humour et légèreté, Robert Coudray – car c’est son nom – nous invite à être ce que nous sommes, chacun avec nos talents particuliers.

J’aime sa machine à passer le temps et sa manivelle à la poignée rouge. Respirer, ne rien faire, attendre, ça se décide en rouge évidemment!

http://www.poeteferrailleur.com

Continuez, vous me faites rougir

Vous êtes trois déjà à me demander des nouvelles du rouge, à attendre des mots colorés et vifs, à vouloir suivre ces modestes nuances…

Car oui, je l’avoue le bleu, le blues, est encore venu étendre son ombre, éteindre des lumières et grappiller mon attention. Vos appels ont secoué ma torpeur. Roulement de tambour, le rouge est de retour, vivant, vibrant.

Votre rouge. Car ce soir, je vous laisse la parole…

Photo CathM

A force de courir après le poème

Le jeune homme en perdit l’haleine

A force d’être ainsi poursuivi

Le poème s’est mis en colère

Puis il s’est retourné

Et tous ses vers lui a lancé

à la figure

Tous les sons les plus insensés

Sans rimes ni césure

Le poème a alors déclaré

Les pieds de travers

Halte-là

Mais où coures-tu comme ça

Quelle allure

Te voici tout cramoisi

A force d’avoir peur

Le jeune homme dit les mots me dépassent

Ils vont toujours plus vite

S’affolent puis s’entassent

Là-haut derrière les nuages

A force de croire

Le poème toujours en fuite

Emmené dans une course peu sage

C’est vrai, il finit par t’échapper

Pourtant il est tout près

Il est même là, tu le sens

Juste sur le bord de tes lèvres

Déjà tu le balbuties

Mais trop essoufflé

Tu ne peux l’écouter

Pourtant il est là

Simple à ta portée.

Catherine M.

Et puis les mots de Clodine aussi

Je vois rouge

rouge partout

à chaque fois que me promène je vois du rouge

Je ne vois que du rouge 

c’est la faute à Zabelle

cerises bientôt chez moi 

faudra venir les voir 

Tes nuances me manquent

Alors, c’est promis, la vie, les nuances, le rouge

Je continue