Lundi – jour de la Lune

Croissant ou Pleine

Rousse ou Blanche

Cratères et Plaines

Lune en Lundi minérallune-rousse

(Photo Daniel Guilloux)

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Voir rouge et l’accepter

Je sais que j’essaie de comprendre ma langue telle qu’elle était dans sa jeunesse, quand elle avait 400, peut-être 500 ans. Elle était libre alors, n’aimait pas la contrainte (l’orthographe n’était pas fixée), elle était souple, poreuse aux multiples dialectes (Picard/Normand…). Elle aimait les hauts-faits de guerre et les miracles merveilleux, elle les racontait dans des textes où le présent et le passé se côtoyaient sans gêne, parfois au coeur d’une même phrase. Je sais qu’elle n’était plus latine, mais pas encore française. Chevillée à ses racines, elle n’avait pas revêtue son habit de modernité.

Elle était adolescente et chantait comme ça lui chantait.

Je sais que j’essaie de comprendre cet état antérieur. Je sais que c’était le XIIème siècle et que nous sommes au XXIème.

Je sais que je n’y arrive pas.

156. Je sais qu’il faut accepter de ne pas comprendre exactement comme on l’espère.

Ito NAGA

Echo

Il fait froid dehors. Il fait bon dedans. A moins d’un mètre de moi ronfle le feu dans le poêle. Les flammes sont hautes et vives, jaunes et rouges. Je ferme les yeux.

Et l’ancienne maison

Je sens sa rousse tiédeur

Vient des sens à l’esprit

Jean Wahl, Poèmes

J’ai 6 ans, 10 ans, 15 ans. Devant moi, sous mes paupières closes, dansent les feux de ma jeunesse.

Rouge en trois dimensions

Je relis ma journée. Je fais le point. Je compte le rouge.

Du corps : curry vert, épices en tout genre. L’Inde s’est invitée à ma table ce midi.

De l’esprit : je me suis émerveillée devant le ciel – bleu – l’air cristallin, le ventre rond d’une amie qui attend son premier enfant – la créativité d’une autre qui modifie avec talent son intérieur à chaque changement de saison – ma chance à moi d’être en vie, en bonne santé et de pouvoir étudier tous les jours.

Du coeur : j’ai réussi à faire rire mes enfants (et quand on connait mon sens de l’humour, c’est une prouesse!)

C’est certain, j’entretiens le feu en trois dimensions.

 

 

Eloge de la lenteur

Que se passe-t-il quand, un dimanche de soleil, un éléphant rencontre un chat?

Rien

Si ce n’est peut-être

Sidération / sur fond de béton

IMG_3326Car en ces temps de course contre tout (le temps, la mort…), il faut prendre le temps de poser le pied, de bouger la grande carcasse, de mouvoir le poids des idées, des émotions, des rancoeurs, des espoirs, des futurs, des possibles.

Il faut prendre le temps

Se faire éléphant et chat

Le temps de penser et de se déplacer. Le temps de réfléchir et de (se) parler.

Le temps de vivre. Tout simplement.

Eloge de la lenteur aux machines de l’ile à Nantes